Social Gaming: Une opportunité pour monétiser la communauté online des clubs sportifs?

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Après avoir suivi le lancement de FC Barcelona Fantasy Manager et la nouvelle version de Real Madrid Fantasy Manager pour la saison 2011-2012, il m’a semblé intéressant cette semaine de prendre contact avec José David Poveda González, CEO de FROM THE BENCH, entreprise de 23 personnes, spécialisée dans la création de social games dédiés au sport.

Cet entretien m’a permis d’en savoir plus sur l’utilisation du Social Gaming et ses débouchés potentiels pour les clubs sportifs. Cette tendance déjà adoptée par des marques globales s’installe de plus en plus dans le milieu du marketing sportif.

 

Le Social Gaming

Le social gaming correspond à l’utilisation de jeux vidéo permettant les interactions entre utilisateurs, par le biais des réseaux sociaux ou au travers d’applications mobiles. Sur Facebook, Farmville a été la première application qui a réellement démocratisé ce concept. Ce jeu compte aujourd’hui plus de 82 millions d’utilisateurs actifs, qui ont grandement contribué, en 2010, aux 90 millions de dollars de profits de l’éditeur du jeu Zinga[1], de par leurs achats de social goods.

D’autres exemples plus spécifiques dans le sport ont été lancés par Nike et la NBA pour en savoir plus je vous invite à consulter ces deux articles de SocialSport.fr (IAMPLAYR ; NBA Legend).

 

Real Madrid Fantasy Manager

L’idée de créer Fantasy Manager est survenue suite au succès rencontré par un autre jeu lancé par José en 2003, nuestraliga.com, qui a été racheté par la suite par une chaîne majeure espagnole la Sexta. Nuestraliga.com a pour objectif de regrouper les fans de football désirant démontrer leurs connaissances en incarnant le poste de manager d’une équipe de première division espagnole.

Le concept de Fantasy Manager est relativement proche, à la différence qu’il décuple le concept social en s’appuyant sur les réseaux sociaux et les applications mobiles[2].

Ce jeu est accessible à tous car gratuit, et permet à ses utilisateurs de défier leurs amis et d’autres utilisateurs. Il a fallu un travail d’un an et de 6 développeurs afin de parvenir à développer Fantasy Manager. Le premier club à avoir adopté ce jeu a été le Real Madrid.

Lors du lancement de Real Madrid Fantasy Manager en 2010, les utilisateurs ne pouvaient que comparer, entre eux, leurs versions du Real Madrid et se lancer des défis. Le Real Madrid, était alors, le seul club à avoir accordé une licence à FROM THE BENCH.

Aujourd’hui, grâce à l’adoption de plusieurs clubs majeurs comme le FC Barcelone, le Milan AC, Chelsea et l’incorporation prochaine de 8 équipes, les utilisateurs peuvent non seulement défier d’autres joueurs utilisant la même équipe mais aussi des utilisateurs de clubs rivaux.

Ainsi, l’obtention de nouvelles licences est fondamentale pour Fantasy Manager puisque cela permet d’ajouter de nouvelles options (équipes, joueurs), et d’attirer de nouveaux utilisateurs.

 

FC Barcelona Fantasy Manager 2012 sur iPhone

Quels Avantages pour les clubs sportifs?

Pour les clubs sportifs, l’utilisation de ce type de jeu présente de multiples avantages.

Tout d’abord, dans leur relation avec leurs fans, car grâce aux social games, les clubs sportifs peuvent améliorer l’expérience de leurs fans en leur proposant de nouveaux services.

Ce qui va permettre au club de :

  • maintenir les fans connectés bien plus longtemps, et augmenter le trafic vers les plateformes du club,
  • améliorer la satisfaction des fans,
  • monétiser leur communauté grâce aux jeux. Mais il convient au préalable de respecter certaines étapes comme on a pu le voir ici.

En effet bien que le jeu soit gratuit, les utilisateurs désirant créer la meilleure équipe doivent acheter des « social crédits » indispensables pour l’optimisation de leur équipe.

Les social games offrent certains avantages également du côté des sponsors des clubs.

Les clubs peuvent :

  • proposer ces plateformes comme nouvelles sources de visibilité aux sponsors officiels ou dans le but d’attirer de nouveaux sponsors.
  • créer des nouveaux points de contact entre sponsors et fans, par exemple un joueur de Real Madrid Fantasy Manager peut acheter des chaussures adidas pour améliorer les performances de son équipe et recevoir en même temps un coupon de réduction pour l’achat d’un produit de la marque.

 

Quel modèle économique?

Une précision importante, FROM THE BENCH intervient auprès des clubs sportifs uniquement en tant  que fournisseur de solutions, et non comme agence de marketing. C’est au club de décider et d’obtenir des sponsors pour apparaître dans le jeu.

Le modèle économique de FROM THE BENCH est basé sur le partage de revenus (revenue shared) généré par la vente de social crédits aux utilisateurs. D’après José, la masse critique permettant un retour sur investissement se situe aux alentours de 50 000-60 000 utilisateurs.[3] Les clubs ne présentant pas une masse critique devront payer une licence à FROM THE BENCH.

 

Le Futur de Fantasy Manager

Concernant le développement à venir de FROM THE BENCH, José m’a expliqué que l’objectif à court terme est d’assurer l’obtention de l’accord des 5 clubs leaders des 10 ligues de football les plus importantes. Tout cela dans le but de pouvoir accéder à un plus grand nombre d’utilisateurs[4] qui pourront tester leur équipe face à des rivaux de toujours, et aussi de se rapprocher au maximum de la réalité.

José m’a confié, durant notre entretien, qu’il a été en contact avec les clubs de football majeurs français mais que les conditions contractuelles de ces derniers avec les enseignes de jeux classiques bloquent le développement de l’initiative.

Il étudie la possibilité de développer Fantasy Manager pour d’autres sports, tels que le basket, le rugby et va lancer très prochainement de nouveaux concepts de social games dédiés au sport.

 

Quels débouchés percevez-vous en matière de social gaming pour les clubs sportifs? Qu’attendez-vous d’un jeu de ce type?

 

Info : FROM THE BENCH est une entreprise de 23 salariés et compte embaucher prochainement entre 5 et 12 personnes de plus.

 

Merci à José pour sa disponibilité.


[1] Le CA de Zinga en 2010 fut de 600 millions de dollars

[2] Le jeu est disponible sur Facebook et sur applications

[3] Parmi les utilisateurs, 8% sont des heavy users achetant les dernières améliorations alors que 90% des utilisateurs utilisent le jeu de façon totalement gratuite.

[4] Le jeu compte aujourd’hui plus de 3 millions d’inscrits, à moyen terme l’entreprise vise les 10 millions d’inscrits pour 2 millions d’utilisateurs actifs

 

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Maxence Karoutchi

Créateur de Sportbizinside, je suis passionné par les défis à l’international, le Rugby et l'industrie du Sport. Agent Sportif (FFR n°067) j’accompagne des sportifs professionnels dans la gestion de leur carrière sportive et de leur image.

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  • http://www.feelinsport.fr Feelinsport

    C’est sur, le social gaming est un très bon moyen d’engager les fans, de les fédérer mais aussi d’augmenter de manière significative l’exposition des sponsors.
    Pour avoir tester la version FCB le jeu fonctionne très bien et peut vite devenir très prenant voire addictif.
    La masse critique nécessaire semble raisonnable pour des clubs de premier rang, certainement moins accessible pour les autres. Aurais-tu une idée approximative du prix de la licence ?
    La gestion des droits doit également être un sacré casse-tête, mais si les clubs européens arrivent à s’en sortir on peut penser que les clubs français devrait également y parvenir.

    Enfin je pense que le social gaming est une étape secondaire, la première (et non des moindres) étant que les clubs français optimisent leurs présences sur les médias sociaux…ce qui est loin d’être le cas pour la plupart. Une fois cette présence maîtrisée et optimisée alors des leviers comme le social gaming prendront tout leur intérêt.

    • http://twitter.com/karoutcm Maxence Karoutchi

      Merci pour ton commentaire Romain. Le prix de la licence ne m’a pas été communiqué par José durant notre entretien. Pour l’instant From the bench privilégie les clubs présentant une masse critique. Concernant la gestion des droits, José m’a expliqué qu’il avait été en contact avec les principaux clubs français mais que leurs contrats avec les enseignes de jeux vidéo classiques bloquent ce type d’initiative pour le moment.

      Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que la monétisation est une étape secondaire, que les clubs sportifs doivent dans un premier temps développer leur communauté, en établissant une dialogue avec elle et en créant des expériences pour décupler l’engagement. J’en ai parlé ici d’ailleurs:http://sportbizinside.com/2011/09/apercu-des-debouches-du-web-social-pour-les-clubs-sportifs/

      L’exemple de Fantasy Manager va dans ce sens…

  • Olivier

    Un outil

  • Olivier

    A mon avis, le social gaming est réellement un outil qui permettrait de générer de nouvelles ressources financières pour les clubs sportifs. L’exemple de From the Bench est très intéressant, dans le sens où il doit y avoir une forme de collaboration entre les clubs, pour permettre le succès global du jeu.
    Les NFL Fantasy, qui diffèrent légèrement de ce modèle, est un autre exemple intéressant. Même s’il n’est pas directement transposable aux championnats européens.

  • Pingback: Best of #Digisport et #SMSports – semaine 38 2011 « Le Marketing Sportif

  • http://twitter.com/karoutcm Maxence Karoutchi

    Merci pour ton commentaire Olivier. En effet le social gaming permet aux clubs sportifs d’obtenir directement des retours sur leurs activités digitales et également pour des clubs plus modestes de créer de meilleures expériences avec des jeux plus simples notamment…

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